14.03.2008
Des puits où se perd la lumière
Les yeux sont des miroirs, pour refléter, et des puits où se perd la lumière.
Orhan Pamuk
Vu des sommets des premières montagnes qui l’empoignent, le désert de Sita évoque un vaste effondrement rocailleux, comme si autrefois s’était dressée là une colossale statue de pierre qui aurait chuté de son socle pour se briser en milliers d’éclats acérés, dispersés sur des kilomètres carrés de sable dur. Royaume exclusif des teintes et des dégradés beiges, marron, jaunes, règne impitoyable d’un soleil dévorant qui impose à cet anéantissement ses lois de feu et persécute les moindres velléités de vie, cette terre maudite brûle de souffrance, condamnée au rôle stérile de renvoyer vers les cieux, dans une ivresse de chaleur et de mirages, les rayons tranchants qui en tombent comme des lames.
L’unique espèce végétale à résister en nombre au soleil tout-puissant est une sorte de petit cactus ventru, presque noir, aux bras tordus et boudinés, dont la taille ne dépasse guère le mètre. S’il est hérissé de longues épines menaçantes sur toute sa longueur, ce moyen de défense s’avère en définitive peu efficace face à ses prédateurs principaux, assez fins pour se glisser entre les épines trop espacées jusqu’à sa chair tendre, blanche et nourrissante, et le dévorer sur pied. Le lent dépérissement de ce cactus rongé sous son armure constitue la base du maigre écosystème du désert. De surcroît, c’est entre ses racines, elles aussi entamées, que s’enterre pendant le jour torride tout un peuple furtif d’insectes, de reptiles et de rongeurs, qui n’attend que la relative tiédeur de la nuit pour s’embusquer en surface et s’entre-dévorer avec une violence inouïe.
Mais le plus étrange de ces êtres à demis inhumés se trouve sous les voûtes d’une grotte peu profonde, née des hasards des bouleversements géologiques, des renversements et empilements de rochers. Le désert cache là, comme un secret honteux, une faiblesse inavouable : un Homme.
L’aspect misérable de son corps lacéré par les arêtes des pierres, cuit et battu à chaud par le soleil, amaigri et noueux comme une branche de bois mort, contredit totalement la sérénité de ses attitudes et la quiétude de son visage. Il ne semble touché par rien, hors d’atteinte de toute douleur, spectateur de tout et de lui-même.
Cet Homme passe la plus grande partie de la journée assis en tailleur sur le sol, corps fixe dans l’ouverture de sa caverne, immobile sous des vêtements de poussière qu’aucun souffle ne vient emporter. Son dos est droit, son menton presque horizontal sous la barbe qui retombe ; ses yeux courent sur le désert comme si à chaque instant il portait un regard neuf sur la désolation chaotique et torturée qui se déroule devant lui jusqu’au crépuscule. Ensuite, la montée de la lune, énorme, proche, l’apparition d’étoiles blanches qui percent la trame de la nuit comme des bulles remontant à la surface de l’eau, les échos des éboulements amplifiés par le silence de la mort du jour et qui résonnent sur chaque rocher, les premières courses assourdies des milliers de pattes, pinces et carapaces qui émergent du sable, il perçoit tout cela dans son ensemble, depuis l’entrée de sa crevasse étroite où brûle en sifflant entre quatre pierres une racine sèche de cactus destinée à éloigner les envahisseurs nocturnes.
Il ne voit pas s’imprimer derrière lui, sur une paroi qui se penche, son ombre étendue et dansante.
La flamme sautille dans son petit foyer ; lui n’a d’yeux que pour le désert qu’il observe depuis l’aube avec une passion farouche et pure. Cette contemplation absolue, qui dure depuis si longtemps, ne le concerne plus personnellement ; il s’est oublié en chemin. Les quelques actes réels qu’il répète quotidiennement pour se maintenir en vie ne sont plus que des réflexes, dont il prend à peine conscience dans son âme. Par un singulier phénomène de mimétisme, il est devenu à son tour un élément du désert, aussi immobile qu’un rocher, ocre des pieds à la tête, silencieux et plongé dans le temps des pierres, le temps minéral.
L’Homme ne se déplace qu’une fois par jour, au lever du soleil, pour couper à l’aide d’une pierre tranchante une branche de cactus dont il boit d’abord la sève abondante, rafraîchie par la nuit, avant d’en mâcher longuement la chair molle et spongieuse. Ayant avalé la dernière bouchée, il place sous sa langue un petit caillou rond qui lui évitera de souffrir de la soif pendant la journée brûlante qui se précipite déjà à l’horizon. Ce rituel accompli, il va sans hésiter ramasser une branche sèche qu’il semble avoir repérée depuis longtemps et revient vers la grotte. Sur le chemin il se laisse aller à quelques besoins naturels, puis dépose le bras mort du cactus à côté des épines qui serviront à l’enflammer, au début de la nuit suivante. Tout est fini ; il s’assoit en croisant les jambes à l’endroit exact où il se trouvait la veille, l’avant-veille et les milliers de jours précédents. Ses paupières battent un instant, puis son regard se pose à nouveau sur le désert qui se prépare à l’incendie du jour. Depuis que l’Homme vit là, rien n’est jamais venu troubler ce déroulement des choses.
Jusqu’à cette aube où ses sourcils se froncèrent.
* * *
Il vient de s’asseoir, les lèvres encore gonflées de sommeil; son visage se plisse dans les minces volutes qui s’élèvent paresseusement des cendres de son foyer. Il rassemble sur sa nuque un chignon de longs cheveux ébouriffés, dans lequel il plante deux épines de cactus, et jette un premier coup d’œil sur le désert. Il voit immédiatement que quelque chose a changé dans la physionomie du décor. Sans même en savoir plus, dans l’immense étendue de ses jours similaires, ce changement lui fait l’effet d’un coup de hache.
Il se lève, sa tête inquiète tourne de tous côtés, il hume attentivement l’air, puis la terre.
Il ne comprend pas encore.
Il prend une poignée de sable qu’il porte à son nez et remarque alors que l’odeur du sol, habituellement discrète, monte ce matin de façon puissante, soulevée par un souffle imperceptible, que seul ce parfum trahit.
En se rendant auprès du cactus du jour, il observe encore que l’aurore parait plus obscure que d’ordinaire, comme si elle était filtrée très haut par un lointain voile de poussière. Les cactus sont plus noirs, leurs épines plus épaisses, leur chair plus grise.
Le regard de l’Homme est tout à coup attiré du côté des montagnes.
Une main en visière au-dessus des sourcils, il contemple le ciel et l’évènement incroyable face auquel le désert semble s’éteindre.
Là-bas, un groupe bouleversé de nuages sombres est parvenu à franchir la barrière rocheuse et avance à présent à grande vitesse dans sa direction, en se désagrégeant au fur et à mesure de sa progression. Ils sont bientôt au-dessus de lui ; toutes les voix minérales du désert appellent le miracle qui, quelques instants plus tard, se réalise : il pleut.
La fine et fragile averse qui a perlé de ces résidus naufragés de nuées a duré si peu de temps, dispersée par un soleil jaillissant de l’horizon excédé et tout couronné de flammes ! Mais elle a bouleversé profondément le désert, et plus encore l’Homme debout parmi les rochers.
Le visage exceptionnel du désert offre un monde nouveau de lumières et de couleurs. La pluie a lavé les pierres qui en paraissent comme rajeunies et plus brutales, souligné les formes plates devenues légèrement luisantes, revigoré les cactus qui ont recueilli, à la pointe de leurs longues épines, une goutte d’eau dans laquelle le ciel se reflète à l’envers.
L’Homme marche lentement dos au soleil levant, découvre ces merveilles unes à unes en repoussant d’une main distraite quelques cheveux échappés du chignon. A un moment il s’arrête, ses yeux reviennent errer sur le décor de ses jours, les environs de la grotte, les rochers du quotidien, les cactus. Il se penche alors vers le sable, se redresse vivement et regarde avec surprise le sol tout autour de lui. De minuscules cailloux, éparpillés ça et là entre les rochers et débarrassés par la pluie de la poussière qui les rendait invisibles, brillent des mille feux de l’aurore. Ils sont plats, les plus longs font à peine la taille d’un ongle. Ils renvoient avec force la lumière du soleil qui semble rebondir sur chacun d’eux et se démultiplier sous le choc.
Non loin de l’entrée de la caverne, un rayon plus important attire les pas de l’Homme. Il trouve de nombreux cailloux alignés, poussés les uns contre les autres, qui forment comme un losange. En approchant la main de cette surface emplie de lumière, il voit s’y dessiner avec stupeur le reflet du bout de ses doigts hésitants. Il fait un instant jouer les articulations de ses phalanges ; l’image se répète sur les cailloux.
Parti du reflet de ses doigts, il regarde maintenant le dos sa main, creusé, entaillé et chiffonné, aux veines saillantes sous l’épaisse couche de saleté qui s’est accumulée jusqu’à constituer une seconde peau. En se contorsionnant au-dessus du losange, il parvient à voir son bras maigre brûlé par le soleil, ses épaules osseuses, sa poitrine plate et un peu enfoncée sous les côtes, son autre bras où court une longue cicatrice, ses hanches saillantes, ses jambes fines nouées aux genoux, ses pieds durs et tordus comme des pierres. Tout cela lui est inconnu, comme si rien ne lui appartenait. Il se tourne un instant vers le soleil qui continue son ascension de la ligne d’horizon, désormais presque entièrement émergé de la terre et de moins en moins rouge, poussant devant lui et contre les restes de la nuit ses premières vagues de chaleur, gourmandes, envahissantes.
L’Homme semble hésiter, son geste se suspend dans l’air, et puis il lance à nouveau sa main vers les petits cailloux.
Il croit entendre le cercle de contemplation qui lui tenait lieu de vie dans le désert se briser, et entraîner avec lui tout l’édifice de certitudes et d’oubli qu’il avait patiemment construit à force de silence, de difficiles refoulements et de privations. Son souffle s’accélère, ses oreilles tintent ; pour la première fois depuis très longtemps, depuis cette arrivée ici qu’il avait reniée et oubliée, il semble avoir décidé d’agir.
Ses longs doigts dégagent délicatement les petits éclats lumineux de leur gangue de sable et les déposent un à un dans la paume de sa main gauche. Il se redresse sans les quitter des yeux et marche vers la caverne au fond de laquelle, sur une large pierre polie, il reconstitue le petit miroir losange ; puis il ressort, et va en extraire d’autres. Il les accumule peu à peu, sans même plus prendre le temps de les assembler à l’intérieur de la grotte ; immédiatement il repart, le dos cassé, les yeux au sol, en chercher d’autres encore, d’un pas qui se fait plus rapide. Il redécouvre obscurément en arpentant attentivement les environs de la caverne cette sensation étrange, révolue, jusqu’à ce jour abolie : il est pressé, il se dépêche.
Le soleil brille bientôt de toutes ses forces droit au-dessus de sa tête. Dans son antre de rocs, l’Homme s’est assis sur ses talons face à l’éparpillement des cailloux qu’il considère pensivement en se balançant d’avant en arrière. Ils forment sur la pierre plate un étrange puzzle, une énigme d’autant plus vertigineuse, qu’il se sait en mesure de la percer avant la fin du jour. Du bout des doigts, il déplace précautionneusement plusieurs cailloux, les poussent les uns contre les autres. Ils s’emboîtent parfaitement, et l’homme construit ainsi un premier alignement sur la partie supérieure de la pierre, celle qui se trouve le plus loin de lui. Sous cet alignement il joint une seconde frise, puis immédiatement une troisième, qui rejoint le losange déjà constitué le matin. Les petits cailloux plats, aux arêtes bien droites, s’assemblent peu à peu ; il lui est très vite possible de distinguer en travaillant le reflet complet de sa main. Il fait alors tomber d’un geste brusque un rideau de cheveux devant ses yeux, car il ne veut rien voir avant d’avoir terminé complètement sa tâche. Ses doigts continuent à courir dans ce champ de vision restreint.
Les cailloux en raclant le socle de pierre produisent de légers tintements cristallins ; ses oreilles habituées au silence du désert recueillent ces sons étrangement familiers. Dans le même temps, il poursuit en pensées une opération en tous points semblable à celle qu’accomplissent ses mains. Des images fixes remontent à la surface de sa mémoire, s’assemblent, s’accordent et tissent entre elles les liens encore ténus d’une ébauche de souvenir, appartenant à un tout cohérent qui, dans son immensité d’oubli, lui échappe encore. Plus les images renaissent, plus ses mouvements s’accélèrent sur la pierre, jusqu’à ce qu’enfin ses doigts ne rencontrent plus aucun caillou isolé de la surface plane, aux bords dentelés, que compose l’assemblage des autres.
L’homme se fige, le menton sur la poitrine, le visage dissimulé sous une cascade de cheveux.
Sans relever la tête, il passe la paume aveugle d’une main sur son ouvrage.
Le désert assourdi de chaleur derrière lui attire son regard. Il observe longuement par-dessus son épaule cet univers d’immobilité brûlante. Ce qu’il s’apprête à faire dans l’ombre de la caverne lui semble être une trahison injuste de ce monde où il vit sereinement, et il en ressent une véritable honte.
Il se penche à nouveau vers les fragments du miroir révélés par la pluie, chasse d’un revers de la main l’écran de ses cheveux et fait taire les émotions qui entravent ses mouvements.
Il se regarde.
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09.02.2008
Non stop
Assis dans les fins fonds d'un herna bar, Zmrzlina suit des yeux des lumières rouges qui donnent froid.
Sous la table, un peu de neige n'arrive plus à fondre.
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13.01.2008
xxxxxxyu
Il est mort en quête de rien, et sa vie n’est le songe de personne. Son corps parti, il ne reste rien de lui, ses émotions, sa grandeur, son humanité, tout est effacé, englouti par la boue.
Le décor reste, bête, et les acteurs passent.
L’Injustice, le drame le plus terrible à porter. La condition, la malédiction.
Zmrzlina traîne cette boule de tristesse infinie, et il vieillit, et il n’y échappera pas ; ce n’est pas du temps dont il est question, mais de la conscience du minuscule, du fragile, du vain.
Né du vide, lui aussi retournera au néant, quand les souvenirs de ceux qui restent s’éteindront avec eux.
10:59 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, ecriture, temps, humanite
C.d.d
Croire en sa chance, c’est croire en sa vie : dilemme.
Un jour, à la plage, Zmrzlina a marché sur un crabe.
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Cactus
« Ce vin n’est pas bon, dit l’ami La Gomme à Zmrzlina, ça se voit, il est jaune et il miaule »
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07.09.2007
Construction
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19.08.2007
Journal
ANKARA (Reuters) - La "bombe" que des pirates de l'air ont menacé d'utiliser samedi pour détourner un avion de ligne turc était faite d'un morceau de pâte à modeler d'où sortaient des fils, rapportent dimanche plusieurs journaux turcs.
21:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Journal, actualites, litterature, ecriture, [poesie, photo, turc
Aconstruction
21:24 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, ecriture, poesie, litterature, Ukraine, architecture
18.08.2007
Bulle Ungheni
21:51 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, photo, photographie, ecriture, litterature, moldavie, ete
28.07.2007
Marketing [Primorsk]
14:43 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, litterature, ecriture, poesie, ukraine, marche, photo
27.07.2007
Effroi
Zmrzlina, soulevant une motte d’herbe, découvrit un trésor.
« Trésor d’imagination » se dit-il, juste avant de se faire piquer par l’Araignée, l’Araignée du Sommet, grise et noire, et froide comme la neige.
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Debris
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26.07.2007
Moldavie en conserve
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22.07.2007
Bras
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23.06.2007
Où es-tu Zmrzlina ?
« J'étais caché partout et nulle part à la fois, au travail, au café, à la maison pour dormir trop peu et avoir mal au dos le matin, dans la rue, sur la Tour Noire, au bord de la rivière, dans un autre café, et au restaurant, et encore au café, et une autre rivière, sous les corbeaux, dans mon bureau, dans une salle fermée, un couloir, un escalier qui monte, des affiches, des pierres usées par les paumes, ma paume usée par ma tête de pierre ».
13:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, pierre, ecriture, cafe, escalier, dormir
17.06.2007
Objet 6178-908 CZ
11:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : photographie, ecriture, litterature, train, pars, rail, poesie
07.06.2007
La fin de la route
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04.06.2007
Gromelinade
Le lion est un homme pour la gazelle pensait Zmrzlina en se levant de bon matin, l’œil en vrac, le dos cassant et les cheveux hérissonés.
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03.06.2007
Sentinelle
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11.05.2007
Mur non-electoral
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09.05.2007
Le cheval du cow-boy texan, fable experimentale. Par Zmrzlina.
Mais le cow-boy texan salement défait ne l’entendait pas de cet orteil ; il fit mûrir sa vengeance et l’enjoignit par écrit quelques décennies plus tard de s’adresser à une batterie de juristes véreux à la solde d’une junte. Ceux-ci condamnèrent sévèrement le cheval du cow-boy texan à 234 ans de travaux forcés d’intérêt général à la piscine municipale, et à payer 0,3 francs constants d’impôts locaux chaque fois que la chanson du dalaï-lama passerait à la radio.
Cependant le cheval se contenta d’élever des crabes anglophones et d’en faire bouillir un de temps en temps dans les douches, vendu ensuite aux foules immenses qui couvraient les prairies de pique-niques pornographiques.
09:20 Publié dans Fables Experimentales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Litterature, ecriture, cow-boy, cheval, poesie, pornographique, impot
04.05.2007
Politique
« La liberté ou la mort ! » criait la foule dans les rues de M…
La police, n’ayant sous la main aucun canon à liberté, dût se résoudre à tirer indistinctement au fusil d’assaut.
09:45 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, politique, litterature, ecriture, liberte, caon, fusil
Zmrzlina court
Zmrzlina, en retard, court à travers des rues. Le temps d’arriver, il a déjà oublié où il allait, emporté au loin par le tintement régulier des clefs et de la monnaie au fond de ses poches.
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Zmrzlina mode d’occasion
Zmrzlina parlait tout seul, planté devant un étalage hétéroclite de choses usées. Un antique chapeau haut-de-forme poussait de ses mains comme une plante étrange.
Et si ça revenait à la mode dans quelques années ? se demandait-il perplexe en faisant tourner le chapeau entre ses doigts.
Il décida finalement de l’acheter, pour y ranger provisoirement ses craies et ses crayons de couleur.
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Slovaque, quelque part, soir d'avril
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03.05.2007
Lune rayée à Amsterdam
22:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, poesie, ecriture, litterature, lune, nuit, amsterdam
Flotille d'envols
21:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, poesie, litterature, ecriture, flotille, envols, feuilles
15.04.2007
Triple Mississippi
08:10 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : photographie, ecriture, poesie, litterature, mississippi
06.04.2007
Ames surprises en plein vol vers 3 heures du matin
09:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : photographie, poesie, ecriture, litterature, nuit, ames, vol
01.04.2007
Clefs
Zmrzlina suit une idée comme on agace un insecte de la pointe d’une clef, lui fait faire demi-tour, revenir, trébucher, chuter, s’écraser contre le sol ou se lever sur ses pattes. Finalement il crache, l’englue là-dedans, se lève et part.
(plus tard)
Près de la gare, un homme sale et barbu crie sur son chien qui vient de vomir dans le caniveau. Ses dents dans sa bouche noire sont usées et grises comme des pointes de clef; il crache, le chien se relève et part.
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30.03.2007
[sans titre / sans rire]
09:10 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, poesie, litterature, ecriture, piano
25.03.2007
[sans titre]
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22.03.2007
Train
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Soirée
L’exhumation, abominable penchant télévisuel. Zmrzlina observe d’un sale œil une de ces émissions de variétés vampires qui déterrent à intervalles réguliers des artistes morts, pour leur sucer une dernière goutte de fric. Les croquemorts rient et la caravane passe.
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19.03.2007
Prix littéraire
Cette manie agaçante de tout classer, trier, répertorier, collectionner – il conserve dans un bocal à cornichons toutes ses rognures d’ongles de pied, car il compte en tirer bientôt une œuvre littéraire.
18:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, prix litteraire, litterature, poesie, rognure, ongle, cornichon
17.03.2007
Fev-mar 038
09:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litterature, ecriture, photographie, train, tcheque
16.03.2007
Parc
Zmrzlina, une main dans un livre pour ne pas perdre sa page, recueille de vagues sons dans les replis de ses oreilles. On y reconnaît des paroles, qu’un individu debout en face de lui prononce en agitant les bras.
Zmrzlina écoute
voit
une feuille de l’automne dernier qui tombe, tombe, n’arrête plus de tomber, et se brise sur le sol gelé comme une assiette.
20:55 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litterature, feuille, automne, bras, ecoute, ecriture
01.03.2007
Votez pour moi
22:35 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : dessin, litterature, ecriture, poesie, actualites, elections, UMP
25.02.2007
Zath is zhe question
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Sombre
Au comble du vide, dans les décombres du reste, Zmrzlina erre sur une barque de rien ; sa rame unique brasse une eau noire, oiseau à une aile, et dans les petits tourbillons qui se forment derrière lui, un poisson malveillant émerge parfois, et lui parle des élections prochaines, du pouvoir d'achat, de la place des fonctionnaires dans la société, et de la démocratie, de ce qu'il faudrait faire de...
20:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litteraure, ecriture, poisson, oiseau, barque, fleur du mal
Portrait de Zmrzlina (Prague)
16:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, dessin, Prague, montage, collage, portrait
24.02.2007
Rue
Des maisons penchent, mais vers de vieux souvenirs qu’elles ont laissés tomber dans la rue par leurs fenêtres cassées, en petites explosions de gravats et flottilles de copeaux de bois légers et fragments de meubles piqués de vers morts et pages de magazines brûlées puis inondées et devenues dures.
Les pneus lisses d’inlassables taxis piétinent l’ensemble, au nom du comme ça, de ce qu'on laisse. Zmrzlina passe.
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22.02.2007
La Poule et l’Autruche, fable expérimentale. Par Zmrzlina Panchali.
La poule aux œufs d’or ayant pondu tout l’été se trouva fort parvenue quand la Pentecôte bouddhiste fut venue. A l’heure où l’aube blanchit le livreur de chats galeux, une autruche s’approcha en catimini de la poule et se mit à lui donner des coups de cou au pied.
« Halte là sacripante, bête volatile, Atrébate des Carpates », criait la poule scandalisée.
« Paie-toi prétentieuse, bipède invertébré, abscons parangon » s’acharnait l’autruche.
La poule saisit une feuille de vigne et visa couardement les coins des yeux glauques de son adversaire tropical. Celle-ci s’enfuit un moment en courant en zigzags dans la pampa puis revint à la charge armée cette fois d’un tract politique. La poule, publiquement prise au piège et bientôt victime de la grogne médiatique, n’eut d’autre recours que celui de passer sur la chaise électrique, sous les quolibets vengeurs de la foule.
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Télé
Des hommes courent pieds nus dans la poussière d’une quelconque période antique. Zmrzlina ferme un œil, pour faire bouger follement l’image dans les tremblements de la paupière de l’autre. Ses cils sont de longues tiges, qu’un souffle rabat sur le chemin creux d’où il épie le monde
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20.02.2007
Chute
Dans un fond de supermarché tchèque, une vieille dame en manteau de fourrure lit tout haut l’étiquette d’un paquet de viande hachée comme on tire les résultats du loto, lettres et numéros en série, prix. Sa bouche produit le même son que si ses mains étaient en train de malaxer le contenu mou de la barquette de polystyrène. Zmrzlina, stupéfait, fatigué, sent monter une imparable déprime, qui le prend à la gorge.
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18.02.2007
Zmrzlina
18:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, poesie, ecriture, litterature, fusible, c'est lui
Définition
- Voyageur ?
- Non.
- Vagabond ?
- Non, non
- Nomade ?
- Oh non, non
- Alors quoi ?
- Migrateur raté, dit Zmrzlina en lançant un regard mauvais vers la fenêtre pleine d'hiver.01:05 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, ecriture, litterature, vagabond, fenetre, migrateur, nomade
16.02.2007
Vu
Sous un drapeau, lointain, qui ondule du dos et du ventre - une voiture communiste tocsine sur les pavés de toutes ses tôles repeintes à la gouache.
19:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, gouache, litterature, ecriture, communiste, drapeau
Midi
A la radio dans la fenêtre, un perroquet parle très vite de massacres et sa voix tchèque roule pleine de grésillements et de crachats de chat jusque dans la rue.
Zmrzlina, la bouche ouverte sur un sandwich jaune -
19:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, ecriture, litterature, chat, perroquet, seconde, 2007
12.02.2007
Vacant
Zmrzlina boit du thé.
Au fond de la tasse, un cloporte.
Zmrzlina boit du cloporte.
Au loin, là-bas, un homme se fait hospitaliser pour rien.
18:50 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Litterature, ecriture, cloporte, vacant, the, tasse
11.02.2007
Cellule
Zmrzlina se divise sans cesse comme une cellule qui se multiplie, et ses yeux deviennent milliers de mains pour palper les vies comme des échardes.Exercice mortel.
10:30 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Litterature, cellule, poesie, ecriture, bois, main
08.02.2007
Dire
Les petites phrases sont des guêpes, la même finesse de taille, les mêmes antennes noires qui cherchent comme des pattes, des rayures enroulées aussi et, un poignard qui ne meurt qu’après elles.
21:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, poesie, dire, litterature, guepe, taille, poignard
Attentat
« La patience est une force », dit-on un jour à Zmrzlina, qui se mit aussitôt à attendre, attendre, attendre encore, puis à trembler de tout son corps, bras et pieds, avant de s’écouler comme de l'eau sale dans le premier caniveau venu, sûr de sa force gâchée dans une attente noire.
20:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Litterature, ecriture, attente, poesie, caniveau, on, force
05.02.2007
Portrait de Zmrzlina archéospéléologue
21:35 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Photo, litterature, ecriture, poesie, mineur, speleo, mousse
04.02.2007
Avertissement
14:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : avertissament, panneau, ecriture, photo, litterature, poesie, homme
03.02.2007
Blog
« Tu n’as qu’à commencer à écrire un blog, disait à Zmrzlina un ami connecté et dynamique.
- Ca sert a quoi ? demanda Zmrzlina en regardant ailleurs, car il pensait à autre chose, autre part, quelqu’un d’autre.
- A perdre son temps en public, je crois »
11:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, blog, quelqu'un d'autre, poesie, litterature, temps
Toux
Zmrzlina tousse, et s’en réjouit : ça lui permet de parler moins.
11:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, toux, litterature, ecriture, parler, moins, microbe
01.02.2007
Evènement
En guignant la colombe, c’est un cas de figure qui lui est finalement tombé entre les mains.
14:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litterature, requin, ecriture, blancheur, crayon
28.01.2007
Portrait urbi et orbi de Zmrzlina
21:40 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : portrait, dessin, litterature, ecriture, poesie, glace
Ignatius
« Ce film ne doit pas exister vraiment, ronchonnait Zmrzlina tassé au fond d’un fauteuil rouge. Ou alors, je n’y comprends vraiment rien aux lois de la chimie et de la physique qui ont pu, depuis le Big Bang, en arriver à combiner un tel phénomène d’ineptie ».
17:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature, ecriture, ignatius, poesie, cinema, film, bourbonstreet
Brève
Zmrzlina lit : on a tué un certain François Sloterdijk. Trois balles dans la peau, une dans le chapeau, et une à côté.
Ah ben, en voilà une histoire.
00:37 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : litterature, ecriture, francois, poesie, histoire, poeme, sloterdijk
25.01.2007
Neige mauvaise
Zmrzlina s’endort, les pieds dans la neige, et les buttes sales au ras des routes, des sortes d’Alpes.
23:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, neige, litterature, ecriture, sale, janvier, route
21.01.2007
Point-Route
« La circulation automobile dans le canal fut bien clémente, ce jeudi soir : seuls douze chiens, dix-neuf chats, trois galopins, deux Hollandais et un lézard furent abîmés par des voitures, nous dit-on de source autorisée. Aucune perte bovine n’est à déplorer, signale un syndicat agricole, qui se félicite de la bonne tenue du cheptel broutant pentes et bas-côtés »
17:14 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : actualite, litterature, ecriture, radio, route, poesie, cheptel
20.01.2007
Zmrzlina achète
« Voilà Monsieur, et si vous prenez en plus notre assurance brûlure pour chacun de vos doigts, nous vous offrons ce magnifique ouvre-pomme traditionnel en carton peint au Bangladesh – garantie label vert Nord-Sud développement durable humain équitable biologique sans OGM génétiquement modifiés, bien entendu ».
Zmrzlina ne prit finalement que l'ouvre-pomme, qu'il fit frire et dévora un soir de disette.
12:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : acheter, litterature, ecriture, durable, poesie, equitable, doigt
Zmrzlina écrivain
« Oôh Saute-Digue, criait cet imbécile de Pont-Vinaigre par-dessus l’étalage de fruits et légumes, tes figues sont aigres ».
Zmrzlina, qui n’avait rien d’autre en tête, écrivait un roman à l’huile d’olive.
00:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature, pagnol, ecriture, figue, eglantine, poesie, hugolin
19.01.2007
Notice biographique
Zmrzlina a beaucoup utilisé de drogues : peyotl, haschisch, herbe du diable, jeux vidéos, téléchargements sur Internet ; mais aucune ne fut plus efficace contre ses maux de crâne que la révolte politique.
23:56 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : litterature, drogue, ecriture, haschisch, poesie, politique
Dimanche matin (dessin de Zmrzlina)
23:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Dessin, rue, pollution, ombre, litterature, trois, ecriture
17.01.2007
En voiture Zmrzlina
Une rangée d’arbres courait le long de la route. Zmrzlina y lança sa ligne, espérant en attraper un pour le dîner, mais son fil s’emmêla sur un panneau publicitaire retourné à l’état sauvage.
22:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voiture, litterature, ecriture, confiture, poezie
Self
Zmrzlina se cherche, c’est à la mode, et parfois, il se trouve; alors il se met une bonne raclée, comme ça, dans la rue, et ça va mieux, il n'a plus envie de dire: je.
21:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : phrase, litterature, ecriture, bouture, cherche, mode, poesie
16.01.2007
Penser fixe
En mâchant ses accents circonflexes, l’aristocrate en plein parking dit à Zmrzlina ébahi : « Oh là, Monsieur, approchez donc et aidez-moi à garer ma voiture, je n’ai aucune visibilité à l’arrière ».
Zmrzlina se demanda longtemps quel pouvait bien être le rapport entre le premier et le second de ces phénomènes.
23:35 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Enigme, litterature, poesie, poeme, parking, voiture, ecriture
Chapeau de Chapitre
Où l’on voit Zmrzlina, debout dans un train en pleine course qui crache hoquets et saccades, porter sa valise trop lourde sur sa tête pour atteindre le vétuste porte-bagages métallique qui surplombe sa place – Chute de la valise, qui s’ouvre et se déchire et hurle de fracas – Où l’on s’aperçoit que Zmrzlina ne transportait dans sa valise qu’un vétuste porte-bagages, exactement identique à celui qui vient de provoquer cet effondrement au-dessus de sa tête – Où l'on constate la chute finale de Zmrzlina, qui trébuche et s’enferme entre les porte-bagages croisés comme dans une cage, tandis qu'aucune gare n'approche.
23:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Train, poesie, porte-bagages, cage, litterature, valise, ecriture
14.01.2007
Reflexe de l'art
Un oiseau mou, pris au piège de la mer, flottait et reflottait au gré des vagues. Zmrzlina se précipita sur sa caméra pour en faire un film muet et dérangeant.
21:07 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : oiseau, mer, litterature, ice-cream, ecriture, vaguelette, poesie
L'Esprit de Conversation (dessin de Zmrzlina)
01:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dessin, nuit, ecriture, conversation, litterature, bois, feuille
L’échoppe
Dans l’ombre du bâtiment de l’usine, nageait un insecte chauve enfermé dans une grande boite cabossée, vaguement adossée à un mur, à moitié oubliée, gâchée.
En approchant son visage, Zmrzlina découvrit que cette boite était une échoppe : apparemment l’insecte chiffonné à l’intérieur y vendait des affiches publicitaires pour inciter à fumer, à téléphoner et à mâcher du chewing-gum.
« Ma bouche souffle des tempêtes » lui dit Zmrzlina d’un air menaçant, avant de disparaître à toutes jambes, riant sous cape.
00:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : echoppe, litterature, poesie, agrafe, filet, ecriture, globe
13.01.2007
L'exposition
Zmrzlina déambule dans les travées d’une exposition d’art contemporain.
De grandes choses pendent du plafond comme des loques, d’autres montent du sol en petits tas, ou sortent des murs en étalant des couleurs sucrées et raidies. On entend, partout, des sortes de froissements.
Zmrzlina, un peu assommé par les lumières électriques, s’arrête et imagine le paysage global de l’exposition vu du plafond lointain du hangar. Il voit un monde écoeurant, saturé ou artificiellement vidé, qu’il sent rebondir sur les parois de son estomac.
Retour au sol, plus étourdi encore. Dans ce coin, tout penche. Puis tout crie. Puis rien ne penche, puis rien ne crie. « Je suis l’artiste » dit quelque part une mante religieuse, l’œil noir, la bouche grinçante comme une mécanique. Un petit troupeau de moutons, probablement extirpé d’une installation oubliée et prétendument en charge du service de sécurité, court et se bouscule entre les murs comme des soldats dans une tranchée, un soir d’alerte.
13:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Litterature, tableau, blanc, ecriture, chose, poesie, etrier
11.01.2007
Scène de rue
La bouche ronde du marchand ambulant soufflait un air de tunnel ferroviaire ; ce qu’il disait aux passants piétinait un instant très près de leurs mondes, puis s’éloignait comme un paysage par la fenêtre. Zmrzlina ne lui acheta rien, mais au moins le vit-il, et il s’en trouva bizarrement réconforté, sentant soudain ses yeux un peu plus ouverts.
23:38 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Prague, litterature, ecriture, tige, poesie, train, voyage
10.01.2007
La Vie dans un Caillou (dessin de Zmrzlina)
22:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Dessin, poesie, litterature, caillou, vie, ecriture
La Sieste
Allongé sur son lit, les mains sur la nuque, Zmrzlina se demande dans le V de ses pieds qui il aurait pu être, s’il n’avait pas été lui.
Il serra soudain entre ses mains l’ampoule brûlante de la lampe de chevet allumée et hurla.
21:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, epinard, litterature, tranchee, ampoule, poesie, peau aime
Le cinéma de Zmrzlina
Zmrzlina ne va pas au cinéma pour voir des films, mais pour attraper cette sorte d’égarement hébété qui le saisit systématiquement à la sortie de la salle.
Le choc de l’air frais, de la mobilité retrouvée, du contact avec le monde solide, il trébuche jusqu’à la station de métro et s’enterre dans le vacarme des machines et le silence des hommes, en savourant méticuleusement cet état d’étrangeté comme on fait tourner longtemps un aiguille de pin dans sa bouche.
21:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, siege, obscur, ecriture, cinema, litterature, kino
09.01.2007
Portrait dénoncé de Zmrzlina
00:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, rature, dessin, litterature, poesie, gruyere, crayon de bois
08.01.2007
L’aéroport
L’aéroport est net, poli, frotté, spacieux, luisant, moderne, épié, résonne : le lieu idéal pour promener son ordinateur, loin des grandes villes.
23:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, avions, ecriture, douane, scarabee, main, litterature
Nuit aquatique
L’hôtel comptait douze dortoirs d’un lit, cinq fenêtres, un aquarium à crustacés et un marché aux légumes.
Zmrzlina en quête de repos opta pour l’aquarium, où nageaient et dérivaient déjà quatre touristes britanniques.
22:12 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, pierreponce, ecriture, mandarineko, zee, litterature
Zmrzlina à la librairie
« Excusez-moi, Monsieur, un lecteur vient de tomber de son étagère »
21:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, ecriture, guepes, cellophane, bruit
Zmrzlina voyage
Zmrzlina décida un jour de voyager : il projeta donc son corps à des vitesses, hauteurs et distances variées.
01:37 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litterature, ecriture, tcheque
Penser sur le mort
« La nuit ne tombe pas, elle monte du sol. Le soleil se couche en plein ciel. L’eau peut brûler, le feu peut geler, la terre peut se lever et partir. Et moi, je vis mort » pensait Zmrzlina.
01:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litterature, ecriture, tcheque
03.01.2007
Portrait refusé de Zmrzlina
12:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, litterature, poesie, poeme, dessin
Outrage
Là-bas, la mode en était aux scaphandres et aux combinaisons spatiales multicolores.
Zmrzlina, qui l’ignorait, fut pourchassé, battu, et finalement jeté en cellule de dégrisement.
11:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litterature, ecriture
Phobie
« J’ai la phobie des médecins, raconte Zmrzlina accoudé au comptoir, quand j’en vois un dans la rue, je me mets à trembler, je me couvre de sueur, j’attrape la fièvre. Et le pire, c’est que je ne vois pas comment me soigner. Je suis pris au piège ».
11:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, ecriture
Glace
Un minuscule chapeau tournant au bout d’un long crayon de bois, Zmrzlina mangeait cérémonieusement une glace.
Rien n’indiquait qu’il y prenait un plaisir particulier, et pourtant, il se cacha à l’arrivée de la police.
11:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litterature, ecriture
Foyer
Assis sur des canapés devant des télés cassées, tous ces gens trinquent, se félicitent et se réjouissent bruyamment de ne pas être pauvres. Puis, vers minuit, ils vont éteindre les radiateurs sur lesquels ils ont fait la cuisine.
10:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, ecriture
02.01.2007
Zmrzlina se souvient
Zmrzlina se souvient, il sort des souvenirs de sa tête et les brasse dans une énorme marmite de plâtre qui ressemble à sa chambre. Pour les plus difficiles, ceux qui s’accrochent ou sautent dans les yeux, il fait appel à des oiseaux de proie qu’il élève sous son lit. Il fait ça depuis longtemps, et c’est ainsi que, peu à peu, il a du oublier de grandir.
00:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poesie, litterature, ecriture, republique tcheque, photographie































